Récit de mon accouchement naturel

Mon accouchement était initialement prévu pour le 10 février 2018. J’ai cependant accouché 11 jours avant, le 30 janvier 2018.

J’ai accouché à la maternité de Nanterre (si vous voulez pourquoi j’ai choisi cette maternité pour mon accouchement, je vous invite à lire mon article à ce propos que vous trouverez ici).

J’ai eu la chance d’accoucher par voie basse, sans péridurale et d’avoir un accouchement globalement très peu médicalisé, comme je le souhaitais (vous pouvez également retrouver mon projet de naissance ici)!

Je livre ici le récit de mon accouchement qui sera peut-être utile à celles qui souhaitent également accoucher sans péridurale, mais aussi à celles et ceux qui se posent des questions ou qui sont simplement curieux ou curieuses !

RECIT DE MON ACCOUCHEMENT NATUREL

  • Vendredi 26 janvier 2018 / 38sa+6j / DPA-15 / J-4
  • A 15 jours de ma date prévue d’accouchement (DPA) et 8 mois et demi de grossesse, je me rends à la maternité pour mon dernier rendez-vous de suivi (rendez-vous que j’ai failli ne jamais avoir à cause de problème administratif à la maternité mais passons).

    Le gynécologue procède aux vérifications habituelles et m’indique que ma fille est toujours positionnée tête vers le bas et que le col est maintenant mou et un peu ouvert. On sent que l’accouchement approche !

    Il me dit que je devrais normalement accoucher par voie basse et fixe un rendez-vous pour le 10 février, date prévue d’accouchement, pour faire un bilan au cas où je n’aurais toujours pas accouché.

    Il m’indique également que si je n’ai pas accouché d’ici le 10 février, on pourra attendre jusqu’au 13 février, éventuellement jusqu’au 14 si vraiment on le souhaite car c’est la Saint-Valentin, mais qu’après, sinon, il faudra procéder à un déclenchement.

  • Samedi 27 janvier 2018 / 39sa / DPA-14 / J-3
  • Je fais encore mes courses à Carrefour, donc tout va bien !

  • Dimanche 28 janvier 2018 / 39sa+1j / DPA-13 / J-2
  • La journée se passe normalement. Néanmoins, vers minuit, je perds le bouchon muqueux ! Je ne m’inquiète pas plus que ça car ce n’est pas très étonnant au vu l’avancement de ma grossesse ! Je vais donc me coucher.

  • Lundi 29 janvier 2018 / 39sa+2j / DPA-12 / J-1
  • Comme chaque nuit depuis un certain temps, je me lève vers 4h du matin pour aller aux toilettes. Je perds encore un bout du bouchon muqueux et commence à avoir des contractions, les premières depuis le début de ma grossesse ! Les contractions se rapprochent. Au bout d’une heure, les contractions n’ayant pas cessées et étant plutôt rapprochées, je décide de réveiller mon mari. Je lui explique la situation, et nous nous préparons à partir à la maternité.

    Mais au moment de partir, je sens les contractions ralentir. Nous décidons donc d’attendre encore un peu. Les contractions s’estompent pour disparaître complètement. FAUSSE ALERTE !

    Nous retournons donc nous coucher en nous disant que l’accouchement est certainement pour bientôt mais pas pour tout de suite. Nous pensions à ce moment-là que ce serait pour la fin de semaine. Il se trouve que j’ai accouché le lendemain !

    Le reste de la journée se déroule normalement, je n’ai pas de nouvelles contractions.

  • Mardi 30 janvier 2018 / 39sa+3j / DPA-11 / Jour J
  • Encore une fois, je me lève vers 4h du matin pour aller aux toilettes (ma fille était souvent agitée vers cette heure-là et appuyait sur ma vessie je pense ! Elle se réveille encore vers cette heure-là aujourd’hui d’ailleurs !)

    Je retourne me coucher. A peine allongée, je sens un grand coup dans le bas de mon ventre suivi d’un déversement d’un liquide chaud ! Il est 4h40, je viens de perdre les eaux (influence de la pleine lune, et même super lune, du lendemain ?) ! Le lit est inondé ! J’ai très vite compris que c’était ça car je revenais tout juste des toilettes. Il n’y avait donc pas de confusion possible avec une éventuelle fuite urinaire.

    Je réveille à nouveau mon mari et lui expose la situation. Refroidit par la fausse alerte de la veille, il me demande si je suis sûre que c’est bien la perte des eaux. Je lui réponds que oui.

    Cette fois, plus de doute, direction la maternité ! Bizarrement, ni mon mari ni moi n’avions envisagé le scénario de la perte des eaux. Nous n’avions pensé qu’aux contractions.

    Je prends quand même une douche rapide et un petit déjeuner. Mon mari charge les affaires pour la maternité, qui étaient déjà dans l’entrée suite à la fausse alerte de la veille, puis nous nous dirigeons vers la voiture. A ce moment-là, je commence à avoir de nouvelles contractions. Plus de doute, l’accouchement, c’est pour aujourd’hui !

    Nous arrivons à la maternité vers 5h30. Je remets mon dossier puis on me demande une analyse d’urine.

    Maternité de Nanterre (Crédit : Maternité de Nanterre)

    On me dirige ensuite dans une pièce qui sert de réserve, d’espace de stockage, et une première personne m’examine (oui, c’est un endroit bizarre pour faire un examen !). La poche des eaux est effectivement rompue. Le col est dilaté à seulement 1 ou 2 doigts.

    Premier monitoring aussi (durée d’environ 20 minutes). J’ai des contractions mais elles ne sont pas encore très régulières ni très rapprochées, le travail n’a pas encore vraiment commencé. On me dit alors que j’ai 24h pour que le travail commence. Passé ce délai, il faudra procéder à un déclenchement car il y a un risque d’infection, la poche des eaux étant rompue. Mais je ne suis pas particulièrement inquiète, j’ai toujours des contractions qui ont quand même tendance à se rapprocher et à s’intensifier. J’ai l’intuition que c’est bien parti !

    Toutes les salles de naissance étant occupées (pic de la pleine lune ?), on nous place dans une des rares chambres libres. Après quelques hésitations, on nous dit que ce sera la chambre « bambou » en nous précisant que nous serons mieux ici. La chambre « bambou » est une chambre double mais nous sommes seuls dedans. C’est là que nous avons passé tout notre séjour à la maternité.

    A Nanterre, les chambres portent des noms de fleurs ou de pierres précieuses (Crédit : Maternité de Nanterre)

    Honnêtement, j’étais un peu déçue d’être une chambre double car j’appréciais justement le fait que la maternité de Nanterre propose essentiellement des chambres individuelles sans supplément (il n’y a que 2 chambres doubles, pas de chance !). Mais bon, pas le choix, la maternité est pleine, c’est déjà bien que l’on ne soit pas transférés à Colombes pour manque de place.

    On me pose un cathéter (qui me fait bien plus mal que les contractions !) au niveau de la main gauche, au cas où il faudrait intervenir en urgence, et on reste dans la chambre toute la matinée. J’ai même droit au petit déjeuner. Au début, j’arrive à gérer les contractions assise sur une chaise en discutant avec mon mari pour passer le temps. Les contractions augmentent en intensité et en fréquence. Je marche dans la chambre pour aider à soulager les contractions et à rendre le travail plus efficace. Je m’appuie tout de même sur le bord du lit à chaque contraction. Bizarrement, le temps défile à une vitesse folle !

    Puis, en fin de matinée, vers midi, les choses s’accélèrent. Les contractions commencent à devenir assez douloureuses et rapprochées. Nous appelons donc une sage-femme pour faire un point sur l’avancée du travail (personne n’est venu nous rendre visite entre 6h et midi!).

    Une sage-femme arrive alors. c’est elle qui nous avait fait la visite de la maternité ! Elle m’annonce que le col est dilate à 6cm! Cool, le travail a bien commencé et a été relativement efficace ! Elle est étonnée par mon calme et me demande quelle préparation à l’accouchement j’ai suivie. Je lui réponds que j’ai suivi une préparation à l’accouchement classique. Elle a l’air un peu surprise.

    Elle procède alors à un nouveau monitoring (pendant environ 20 minutes). Les électrodes étaient initialement mal placées. Il a fallu les réinstaller. Je lui indique à ce moment-là que je souhaite accoucher sans péridurale. Elle me répond qu’il n’y a pas de problème mais que la salle « nature » est occupée. Néanmoins, elle m’indique qu’elle me préparera un bain aux huiles essentielles dans la baignoire de cette salle-là dès qu’elle se libèrera.

    Les monitoring étaient faits en position allongée, position qui était pour moi assez inconfortable.

    Après le monitoring, on m’apporte un plateau repas. On me demande si j’ai le droit de manger. Je réponds que je n’ai reçu aucune consigne. La sage-femme dans le couloir réponds que c’est OK. On me donne donc le plateau. Je m’apprête à commencer à manger lorsque la sage-femme entre de nouveau dans la chambre en disant que finalement non car la salle « nature » est libre. On me dit que ma fille devrait naître rapidement après un bain de 30 minutes. Le stress commence à monter en moi à ce moment-là, car je réalise que ça y est, c’est vraiment le moment tant attendu ! Je commence aussi à anticiper et ça, ça n’aide pas !

    On me transfère donc dans la salle « nature » où un bain aux huiles essentielles m’attend. Je suis prise en charge par une autre sage-femme, celle qui procèdera à mon accouchement. Avant de rentrer dans le bain, elle m’indique qu’il faut que je fasse attention à ne mettre mon cathéter, qui n’est relié à rien, dans l’eau et qu’il ne faut pas que j’accouche dans l’eau, qu’il faut les appeler avant. Ses paroles me stressent. Or, le stress ne fait qu’empirer la douleur.

    Baignoire de la salle « nature » de la maternité de Nanterre (Crédit : Maternité de Nanterre)

    Résultat: je n’arrive pas à trouver de position confortable dans la baignoire et j’ai mal ! La sage-femme ne m’aide pas à trouver de position confortable, ne me fait aucune proposition. Je demande donc à sortir.

    Je m’installe sur le grand lit de la salle « nature ». La sage-femme m’examine et me dit que je suis toujours à 6cm de dilatation, voire moins selon elle ! C’est un peu la panique en moi, je commence à me dire que je n’y arriverai pas sans péridurale.

    Elle ajoute que normalement il faut rester 1h dans le bain afin que ce soit efficace. Sa remarque sonne pour moi comme un reproche, ce qui ne m’aide évidemment pas !

    Nouveau monitoring, puis la sage-femme décide de tenter une poussée (je ne sais pas trop pourquoi!). Pousser me soulage. Mais au bout de 20 minutes, après avoir poussé allongée sur le côté puis sur le dos en vain, elle laisse tomber, ma fille n’est pas encore assez descendue dans le bassin.

    Je commence à fatiguer et j’ai vraiment très mal, le stress causé par la sage-femme n’aidant pas. Je craque donc et demande la péridurale car j’ai l’impression que je n’y arriverai pas sans, la douleur étant déjà très forte et mon col pas si dilaté que ça selon la sage-femme (le col est dilaté à 10 cm lors de la dilatation complète, il me manque alors au moins 4 cm !). En fait, j’avais peur que la douleur augmente encore et de ne pas arriver à la gérer sur la longueur. Au final, le pic de douleur a été à ce moment-là. La douleur a ensuite été constante voire moins importante car mon corps a commencé à produire des endorphines et que j’ai pu me calmer et ainsi mieux gérer la douleur.

    Dilatation du col de l’utérus pendant l’accouchement (Crédit : Maternité de Nanterre et kiddicare.com)

    Mais la sage-femme me réponds que c’est trop tard, que ma fille devrait naître d’ici une demie-heure, ce qui ne laisse pas le temps à l’anesthésiste de venir, de poser la péridurale et ensuite à celle-ci de faire effet.

    Elle me propose donc de déambuler ou bien d’utiliser un ballon. J’opte pour le ballon car je suis fatiguée.

    Je m’installe donc sur un ballon, en position assise, bras appuyés sur le lit, ventre vers le bas. Mon mari me masse le dos. Dans cette position, j’arrive petit à petit à me calmer. De plus, mon corps commence à produire des endorphines. La douleur devient un peu plus gérable bien que toujours assez intense lors des contractions. Je suis en revanche assez fatiguée. Je me balance sur le ballon et effectue des mouvements circulaires afin d’aider ma fille dans sa descente dans le bassin.

    Massage du dos sur un ballon (image issue du livre « Bien-être et maternité » de Bernadette de Gasquet)

    Mon mari et moi sommes laissés seuls dans la salle. Des sages-femmes passent de temps en temps jeter un coup d’œil. Elles disent à chaque fois qu’elles repasseront dans 5 minutes mais en réalité c’était plutôt toutes les demies-heures ! Nous avions un peu perdu la notion du temps avec mon mari, mais quand même !

    Au bout de plusieurs heures (au moins trois alors que je vous rappelle qu’on m’avait dit que ma fille allait naître dans la demie-heure!), nouveau monitoring. Ce sera le dernier puisque cette fois, la sage-femme m’indique que c’est vraiment le moment de pousser !

    Je m’allonge donc à nouveau sur le grand lit, sur le dos mais pas en position gynécologique. Ma position est plus physiologique, mon angle « fémur-rachis » étant notamment inférieur à 90°, ce qui permet à mon bassin est notamment libre de bouger, il n’est pas bloqué.

    Position allongée sur le dos avec le mari ou l’accompagnant derrière (Crédit : Maternité de Nanterre)

    Le lit est un lit tout ce qu’il y a de plus de normal et n’est pas équipé d’étriers ni de quelconques barres. Mon mari s’installe derrière moi et je commence à pousser. Je n’ai pas spécialement de difficultés à pousser. Pousser me soulage et à ce moment-là, mon corps est boosté par les endorphines ! Tellement, que je suis dans une sorte d’état second (la sage-femme pensait que je faisais de l’auto-hypnose !). Je ne sens même pas ma fille descendre dans mon bassin.

    Durant la poussée, la sage-femme me pose des questions qui n’ont pas un grand intérêt mais qui ont en revanche pour effet de me déconcentrer, de me sortir de mon état un peu second, et donc d’augmenter la douleur que je ressens.

    Passage du livre « Bien-être et maternité » de Bernadette de Gasquet qui décrit plus ou moins l’état un peu second dans lequel j’étais

    Au bout de plusieurs dizaines de minutes, la sage-femme annonce qu’elle aperçoit les cheveux de ma fille (qui est très chevelue et l’était déjà à la naissance !) ! Elle me propose de toucher la tête de ma fille. Je refuse car cela me paraît vraiment étrange voire dégoûtant et me déconcentre. Je veux surtout la faire sortir le plus rapidement possible, d’autant plus que je sens maintenant sa tête étirer mon vagin et mon périnée, ce qui n’est pas franchement des plus agréable !

    Après une poussée de 50 minutes, ma fille naît enfin ! Il est 16h12.

    Elle a tout de suite crié, et était déjà toute rose ! C’était le portrait craché de son papa !

    Ma première pensée en tant que grande angoissée a été « ouf, elle va bien ! ». On l’a tout de suite mise en peau à peau avec moi ! C’était génial ! Je n’ai même pas remarqué qu’elle m’avait fait caca dessus ! J’étais heureuse, soulagée et ne ressentais plus aucune douleur ni fatigue !

    Mon mari a ensuite coupé le cordon ombilical puis a récupéré ma fille en peau à peau.

    De mon côté, la sage-femme m’a dit de pousser encore une fois afin d’expulser le placenta (ce qu’on appelle la délivrance). Il était intact donc pas de problème !

    On nous a ensuite placés dans une salle de naissance « classique » afin de donner les premiers soins (vitamine K, vitamine D, collyre, …,) (ma fille n’a volontairement pas été lavée) à ma fille et de l’examiner fille (poids (ma fille pesait 3,465kg, ce qui correspond au poids estimé lors de la dernière échographie, qui était de 3,5kg!), taille (c’est mon mari qui l’a mesurée !), …) mais aussi de me faire quelques points de suture (sous anesthésie locale vu que je n’avais pas de péridurale).

    J’ai en effet eu quelques déchirures superficielles au niveau du vagin et de la vulve. Rien de bien grave. Elles n’ont d’ailleurs pas été douloureuses par la suite et ont cicatrisé rapidement en 1-2 semaines.

    Une fois recousue par une gynécologue, ma fille a été mise au sein. Elle n’a pas eu de mal à téter.

    Nous sommes restés 2 heures dans cette salle. La sage-femme passait régulièrement pour vérifier que l’utérus se contractait bien et qu’il n’y avait pas d’hémorragie. Cette vérification se fait en appuyant sur le bas du ventre et est parfois un peu douloureuse.

    Nous avons ensuite pu retourner dans notre chambre, à trois !

    Comme je n’ai pas eu de péridurale, je pouvais bouger normalement. Je pouvais notamment marcher, ce qui est appréciable ! Je n’avais pas spécialement de douleurs, j’étais en revanche fatiguée et affamée !

CONCLUSION

J’ai eu la chance d’avoir un accouchement on ne peut plus normal et très peu médicalisé (pas de déclenchement, pas de péridurale, pas de monitoring en continu, pas d’épisiotomie, pas d’utilisation d’instruments, pas de mesure de tension,…) comme je le souhaitais !

Le fait d’accoucher dans la salle « nature », qui est une salle ne comportant aucun matériel médical, sur un lit ressemblant à un grand lit tout ce qu’il y a de plus normal, m’a un peu donné l’impression d’accoucher comme à la maison et non à l’hôpital. Et ça, c’était super !

Je n’étais branchée à rien durant l’accouchement et était complètement libre de mes mouvements, ce qui était également appréciable.

Je n’ai pas été jugée lorsque j’ai indiqué que je souhaitais accoucher sans péridurale, et malgré la douleur, j’ai vraiment vécu mon accouchement de façon positive.

Je n’ai pas eu l’impression de subir, et la douleur, bien que forte, ne l’était pas autant que ce que j’imaginais. Je ne sais pas si les dattes et la tisane de feuilles de framboisier que j’avais consommées en vue de mon accouchement ont été efficaces, mais en tout cas je n’ai pas eu trop de difficultés à gérer la douleur jusqu’à 6cm de dilatation.

Je suis restée plutôt calme durant l’accouchement, ce qui a un peu étonné les sages-femmes ! Certaines qui ont recroisé mon mari par la suite, lui ont dit que j’avais été courageuse. Une sage-femme (la première que nous avons vu pendant l’accouchement) m’a également dit que les suites de couche allaient être tranquilles pour moi vu comment j’avais gérer la douleur pendant l’accouchement.

Quand on pense à l’accouchement, on pense souvent à une douleur insoutenable, à une souffrance extrême, à des hurlements, à du sang partout,… De quoi effrayer les futures mamans ! Pourtant, mon accouchement était très loin de ces clichés. Je ne me rappelle même pas avoir vu de sang (il y en avait pourtant, c’est inévitable !)!

C’était un vrai moment intense que j’ai eu la chance de partager avec mon mari dont la présence, et surtout le contact physique, ont étés essentiels au bon déroulement de mon accouchement. Cela me rassurait vraiment et m’aidait du coup à mieux gérer la douleur, le stress étant définitivement amplificateur de douleur. Mon mari a été très compréhensif et m’a beaucoup soutenue. Nous ne nous sommes pas engueulés et je ne l’ai pas insulté (ça peut arriver sous l’effet de la douleur !). Mon mari et moi avons par ailleurs apprécié le fait qu’une place importante lui ait été accordée tout au long de l’accouchement et même après (massages, peau à peau, participation aux premiers soins,…).

Le temps durant l’accouchement est passé à une vitesse folle ! Mon mari a eu le même ressenti ! Nous n’avons pas eu le temps de nous ennuyer !

J’avais en revanche sous-estimé la fatigue que je ressentirais. La douleur des contractions venant par vague est vraiment fatigante.

Je regrette seulement que la sage-femme ne m’ait pas conseillé des positions à adopter pour soulager la douleur notamment dans la baignoire. Ce n’est d’ailleurs pas elle qui a montré à mon mari comment me masser pour me soulager, mais l’auxiliaire de puériculture qui l’accompagnait et dont ce n’est pas le rôle (l’auxiliaire de puériculture s’occupe du bébé, la sage-femme de la femme) ! Je pense également que la première tentative de poussée était inutile et que la deuxième a débuté trop tôt. J’aurais aimé attendre un peu plus pour bénéficier de la poussée réflexe. Enfin, la sage-femme aurait pu être plus rassurante dans ses propos et aurait pu éviter de me poser des questions inutiles durant la poussée qui avaient surtout pour effet de me déconcentrer et donc d’augmenter la douleur.

Je pense que le personnel était très occupé le jour de mon accouchement car il y avait beaucoup de naissances à ce moment-là. Ils n’ont donc pas forcément eu beaucoup de temps à nous consacrer. J’avais même parfois l’impression qu’ils essayaient un peu de libérer la salle au plus vite.

Je garde malgré tout un très bon souvenir de mon accouchement. Ce fut un grand moment d’émotion, même si pour moi le plus grand moment d’émotion a tout de même été lorsque j’ai vu et entendu battre le cœur de ma file pour la première fois lors de l’échographie de datation à seulement 5 semaines de grossesse !

Je voyais surtout l’accouchement comme un passage de ma fille de l’intérieur vers l’extérieur. Pour moi, ainsi que pour mon mari, notre fille est « née » lors de sa conception. D’ailleurs, en la voyant après l’accouchement, j’ai trouvé que ses mouvements étaient familiers. J’avais appris à la connaître bien avant sa naissance, tout au long de ma grossesse.

On m’a parfois demandé si, si j’accoucherais de nouveau sans péridurale lors d’un éventuel prochain accouchement. Avec le recul, ma réponse est oui, sans hésitation. Mais je dois reconnaître que dans les heures, et mêmes les quelques jours qui ont suivis l’accouchement, j’étais plus mitigée. Je me rappelle avoir pensé « je comprends pourquoi autant de gens choisisse la péridurale ». Mais, on oublie vite la douleur et moins d’une semaine après mon accouchement, je me disais que je souhaiterais accoucher à nouveau sans péridurale si l’occasion se représentait. Je n’accoucherais juste pas tous les jours !

Vous aimerez aussi...

2 réponses

  1. Chadialeona dit :

    Ton histoire m’a beaucoup touché car moi aussi j’ai accouché dans cette Hopital, justement pour la salle nature. J’ai craqué à 6 cm, la sage femme ne m’a pas encouragée à continuer, elle me disait les contractions seraient de plus en plus intenses et que la péridurale serait trop tards. Elle a su me convaincre avec la douleur. C’est vrai, c’est dommage, les sages femmes respectent votre choix pour accoucher naturel j’avoue, par-contre elles ne font rien pour vous soutenir, elles ont toutes un discours différent. Je reste quand même contente car celles qui m’ont assisté lors de l’expulsion ont une idée géniale, elles m’ont massé le périnée avec de la vaseline, et même mis sur la tete du bébé, aucune déchirure ni épisiotomie rien. Je vais accouché le bébé 3 à Nanterre, cette fois-ci je ne lâcherai rien pour ma dernière grossesse. Merci pour ton témoignage.

    • anais dit :

      Merci pour ce commentaire qui m’a fait très plaisir! C’est intéressant d’avoir le retour d’autres personnes ! Je vous souhaite une bonne troisième grossesse et un bon accouchement ! J’espère que vous pourrez accoucher comme vous le souhaitez !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *